
Hier (dimanche 15 février 2026), des tensions extrêmes ont éclaté à l'entrée de Bnei Brak entre les forces de l'ordre et des manifestants issus du monde 'Harédi (orthodoxe), protestant contre les récentes mesures d'enrôlement. Ces scènes de chaos, marquées par des blocages d'axes routiers et des confrontations physiques, ont immédiatement saturé les ondes israéliennes.
Cette focalisation médiatique massive sur une minorité de perturbateurs sert aujourd'hui de prétexte à une condamnation globale du monde de la Torah, tout en jetant un voile d'oubli sur les violences symétriques exercées par d'autres courants de la société.
Il est impossible d’analyser la situation à Bnei Brak sans lever le voile sur l’immense tartuferie médiatique qui sature les ondes israéliennes. Alors que chaque incident impliquant des religieux est scruté, disséqué et instrumentalisé pour condamner l’ensemble du monde de la Torah, une amnésie collective semble frapper les grands journaux dès qu’il s’agit des violences issues des rangs de la gauche kaplaniste.
L'incident a été exacerbé par la présence, au cœur du dispositif policier, de deux soldates, dont la projection dans ce secteur ultra-orthodoxe en pleine crise témoigne d'une absence totale de sensibilité. Les autorités auraient pu éviter de froisser inutilement les sentiments religieux de cette communauté en déployant uniquement des effectifs masculins, mais ce choix opérationnel semble confirmer une volonté de confrontation plutôt que de médiation.
Le monde de la Torah, fort de ses valeurs éthiques, rejette les fauteurs de troubles en son sein, car ils nuisent à la sanctification du Nom Divin. Mais il refuse de recevoir des leçons de morale d'une mouvance qui, par son agressivité systémique, a laissé des familles de policiers dans le deuil sans jamais faire son propre examen de conscience.
L'objectif de cette analyse n'est pas d'ajouter de l'huile sur le feu, mais de proposer un regard unificateur. Pour unir, il faut d'abord nommer les choses : on ne peut construire une société saine sur le mensonge des amalgames. Cet article vise à protéger l'immense majorité du monde 'Harédi, cette société estimée qui porte sur ses épaules le rôle éthique et spirituel de la nation, contre les dérives d'une infime minorité et contre la haine de ceux qui ont fait de la déconstruction des traditions, leur unique boussole.
Je voudrais appeler à une prise de conscience : le monde religieux n'est pas le problème, il est le réservoir moral du pays. En isolant les éléments perturbateurs des deux camps, nous pouvons enfin voir la réalité. La majorité du monde de la Torah ne veut pas le chaos ; elle veut la survie spirituelle d'Israël.
L'hypocrisie du double standard :la violence oubliée des rues de Tel-Aviv
Depuis plus de deux ans, sous prétexte de sauver la démocratie ou par haine viscérale du Premier ministre, des manifestants ont transformé les axes majeurs du pays en zones de non-droit.
Combien de soldats et de soldates, en service ou en permission, ont été pris à partie, insultés et physiquement malmenés parce qu'ils ne partageaient pas l'agenda politique de la rue Kaplan ? Cette violence, souvent passée sous silence ou qualifiée de "colère légitime", a blessé des dizaines de forces de l'ordre.
Il est crucial de rappeler des faits tragiques que l'on tente d'effacer du récit national. Les tensions extrêmes et les affrontements lors des manifestations ont indirectement ou directement conduit à des drames humains, incluant des cas de policiers ayant succombé à des malaises ou des accidents cardiaques liés à l'épuisement et au stress de ces confrontations répétées. Ou même une soldate (d'ailleurs filmée en direct) qui a subit des comportements indignes de la part de ceux qui crient à la démocratie.
Alors que le sergent-chef Adir Kadosh et l'un de ses collègues succombaient en 2023 à l'épuisement lié aux tensions civiles, leur sort est resté dans l'ombre. On peut s'interroger sur ce silence médiatique, contrastant fortement avec le retentissement spectaculaire souvent accordé aux incidents survenant à Bnei Brak.
Une gauche qui a vendu son âme
L'analyse doit être incisive : une partie de l'élite médiatique et politique a sacrifié l'unité nationale sur l'autel de la soit disant déchéance de "Bibi". En encourageant l'insubordination militaire (le refus de servir) et en diabolisant les religieux, ils ont mené Israël au bord du gouffre sécuritaire et social.
Sans une aide du Ciel manifeste (סִיַּעְתָּא דִשְׁמַיָּא), ce déchaînement de haine interne aurait pu signer la fin de l'aventure sioniste. L'hypocrisie réside dans ce constat : le monde laïc reproche aux Bahourim (jeunes étudiants de Yéchiva) de ne pas s'enrôler tout en ayant eux-mêmes brandi l'arme du refus de servir comme outil de chantage politique.
Conclusion
Il faut le dire avec force, le monde de la Torah rejette viscéralement la violence. Les scènes de chaos à Bnei Brak sont le fait d'éléments perturbateurs que l'on retrouve dans toute société, mais qui sont ici particulièrement condamnables car ils agissent à l'opposé des valeurs qu'ils prétendent défendre.
Le véritable Ba'hour Yéchiva est conscient qu'il doit transmettre une lumière, un Derekh Erets (savoir-vivre) qui précède la Torah elle-même. Les agressions contre des soldats ou les blocages violents sont des cicatrices sur le visage de la tradition. Il faut dire et crier une vérité implacable: la véritable dissension n'est pas créée par ceux qui étudient, mais par ceux qui utilisent deux poids et deux mesures et qui poussent à ce chaos.
La condamnation des Sages tels que Rav Dov Landau et le Rav Itshak Yossef ont rappelé que ces comportements n'ont aucune place dans nos rangs. Ces perturbateurs, souvent marginaux, sont les victimes d'une tension psychologique extrême, mais leur agressivité est un poison pour la cause de la Torah.
Le monde de la Torah ne demande pas l'impunité pour ses perturbateurs, que les Sages condamnent, mais il exige la fin de cette iniquité de traitement. On ne peut pas encenser celui qui bloque l'autoroute Ayalone à Tel-Aviv au nom de ses idées politiques, tout en traitant de cancer celui qui exprime son angoisse face à la disparition de son mode de vie à Bnei Brak.
La survie d'Israël ne dépendra pas de la victoire d'un camp sur l'autre, mais de l'honnêteté intellectuelle de reconnaître que la Torah est la source de notre vie, et que la haine gratuite (שנאת חינם), qu'elle vienne d'un côté ou de l'autre, est notre seul véritable ennemi.
Le salut d'Israël ne dépend pas de sa puissance matérielle, mais de sa cohésion spirituelle et sociale (אחדות). Selon l'enseignement du Maharal de Prague, le peuple juif ne forme un Récipient capable de recevoir la bénédiction divine que lorsqu'il est unifié, la division brise ce réceptacle.
Dès lors, l'unité n'est pas une option politique, mais l'unique vecteur de la survie et de la délivrance de la nation.