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Encore lui : Obama accuse les Juifs d’avoir pris des terres palestiniennes

par Rav Meïr Hazan, Vendredi 16 Octobre 2026

Obama accuse les Juifs d’avoir pris des terres palestiniennes. En réduisant leur retour à une prise de terres, son récit escamote leur histoire en Erets Israël. Mandat de 1922, achats fonciers et guerre de 1948 : les documents répondent.

Encore lui : Obama accuse les Juifs d’avoir pris des terres palestiniennes
Dès son premier mandat en 2009, Barack Obama a exercé des pressions sur le gouvernement israélien. Ses critiques se sont poursuivies après son départ de la Maison-Blanche, notamment au sujet de Gaza.

À Belfast, Barack Obama a présenté les Juifs comme des persécutés venus chercher refuge, puis ayant pris la terre d’autrui. Ce raccourci mérite une réponse documentée : il enferme une histoire nationale dans un récit de dépossession et donne à une lecture politique l’autorité trompeuse de l’évidence.

Le 13 octobre 2026, à Belfast, Barack Obama accuse les Juifs d’avoir pris des terres à des gens et d’avoir été excessifs, selon les propos rapportés par Hot Press, traduits ici de l’anglais. En présentant cette accusation comme indéniable, il fait peser sur un peuple entier un soupçon de spoliation, sans distinguer, dans cette formule, achats fonciers, guerres et expropriations. Il reconnaît les persécutions subies par les Juifs, mais escamote une réalité essentielle : leur exil n’avait jamais fait d’Erets Israël une terre étrangère à leur histoire. Obama accrédite ainsi l’image de Juifs venus s’emparer du pays d’autrui et transforme le retour national juif en faute collective, sous l’apparence trompeuse d’une évidence historique.

Réduire les Juifs à des réfugiés escamote leur histoire

La galoute, l’exil, n’a pas transformé Erets Israël en terre étrangère au peuple juif. Ceux qui revenaient pouvaient fuir des persécutions ; leur retour sur leur terre ancestrale ne saurait être réduit à l’installation de réfugiés chez autrui. Leur lien historique avec Jérusalem, leur mémoire nationale et leur fidélité à cette terre ont traversé les siècles. Le peuple juif revenait chez lui : son besoin de protection n’avait créé ni cette appartenance ni son droit à une existence nationale.

Retrouvailles du peuple juif en Israël à la sortie de l'avion après 2000 ans d'exil
L'émouvant retour du peuple juif sur sa terre ancestrale après 2000 ans d'exil. (Image générée par IA)

Le mandat pour la Palestine de 1922 reconnaissait la connexion historique du peuple juif avec le pays et les fondements de la reconstitution de son foyer national. Son texte protégeait aussi les droits civils et religieux des autres communautés. Voilà un document international antérieur à la Shoah : la reconnaissance du foyer juif ne fut donc pas une compensation improvisée pour un crime européen.

Acheter une terre et la confisquer sont deux faits différents

Le rapport de l’UNSCOP de 1947 documente les ventes de terres arabes à des Juifs et les restrictions britanniques imposées à ces transactions. Les acquisitions légales appartiennent au dossier historique. Les transformer indistinctement en terres prises efface vendeurs, contrats et paiements. Cela ne signifie pas que toutes les terres devenues israéliennes furent achetées, ni que les déplacements palestiniens seraient imaginaires. Cela impose de nommer les faits au lieu de fabriquer une culpabilité collective.

La guerre compte. La notice historique du département d’État américain rappelle le rejet arabe du partage de 1947, les attaques contre les implantations juives, puis l’intervention des armées arabes après la proclamation d’indépendance. Toute explication des changements territoriaux qui retire cette séquence prive le lecteur d’une question décisive : quelles furent les conséquences du refus d’un État juif et du recours à la guerre pour l’empêcher ?

Le droit des territoires ne peut abolir une histoire nationale

Le peuple juif n’est pas étranger à la terre d’Israël : son histoire nationale, sa langue et sa mémoire collective y prennent racine bien avant les institutions diplomatiques contemporaines. Présenter son retour comme une simple entreprise de spoliation efface cette profondeur historique.

Proclamation de l'État d'Israël par David Ben Gourion au musée de Tel Aviv en 1948.
David Ben Gurion, entouré des membres du gouvernement provisoire, proclamant la Déclaration d'Indépendance, dans le hall du Musée de Tel Aviv, le 14 mai 1948. (Crédit : Bureau de presse du gouvernement israélien)

Le mandat pour la Palestine de 1922 reconnaissait expressément le lien historique du peuple juif avec cette terre et les raisons d’y reconstituer son foyer national. Cette reconnaissance internationale s’appuyait donc sur un lien préexistant. Les controverses sur les frontières, les gouvernements ou les décisions militaires ne permettent pas de transformer les Juifs en intrus dans leur patrie ancestrale. Défendre Israël, c’est aussi refuser que le vocabulaire politique contemporain serve à nier cette appartenance.

Obama : un procès d’Israël fondé sur une histoire tronquée

Obama parle aujourd’hui comme ancien président, avec ses convictions. Aucun mandat d’arbitre neutre ne lui est attaché. À Belfast, il a aussi critiqué la stratégie du Hamas et préconisé la non-violence : ces éléments interdisent de présenter son intervention comme un soutien démontré à l’islamisme radical. La critique doit porter sur son raisonnement et ses effets.

Le biais d’une certaine lecture progressiste apparaît lorsqu’elle déduit de la puissance d’Israël une illégitimité originelle. La capacité de se défendre devient une circonstance à charge et les décisions des dirigeants arabes s’effacent derrière le seul récit de leur dépossession. Pourtant, la force militaire ne renseigne ni sur l’ancienneté d’un peuple ni sur la justice de sa cause. L’hypocrisie diplomatique consiste à réclamer la complexité pour expliquer les adversaires d’Israël, puis à tolérer, pour juger les Juifs, une formule aussi sommaire que prendre des terres. C’est une asymétrie intellectuelle qui exige une réponse.

Car le récit d’un peuple intrus sert ceux qui contestent toute souveraineté juive. La charte fondatrice du Hamas de 1988 revendiquait déjà l’ensemble de la Palestine comme patrimoine islamique inaliénable. Une parole occidentale responsable doit mesurer ce qu’elle accrédite lorsqu’elle résume le retour juif à une prise de terres. Exiger d’Israël des décisions justes oblige aussi ses procureurs diplomatiques à respecter son histoire.