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D'Ionas Turkov : un pogrom sans fin

Jeudi 18 Décembre 2008 | 11h05  
 
 
 
 


Libération du camp par les troupes russes
La scène se passe à Cracovie, un samedi, jour de Chabbate. Autour de la synagogue de la rue Miodove, quelques hommes en armes se sont donné rendez-vous pour une mission précise : venger la mort d'un enfant chrétien, victime, selon une rumeur, d'un meurtre rituel commis par des juifs. Une fois à l'intérieur, la horde chasse les fidèles à coups de pierres, lacère les rouleaux de la Torah et met le feu à l'édifice. Le saccage tourne au pogrom. Pendant deux jours, des miliciens enragés sillonnent le quartier juif. Des magasins sont pillés. Des juifs terrés chez eux sont passés à tabac. Plusieurs y laisseront la vie.

Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques libèrent les 5200 prisonniers qui se trouvent encore au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne. En quelle année sommes-nous ? En 1940, au lendemain de l'entrée des nazis dans Cracovie ? En 1942 ? Non, en août 1945, trois mois après la capitulation allemande, dans une Pologne en ruine où les uniformes de l'Armée rouge ont remplacé ceux de la Wehrmacht et de la SS. L'homme qui décrit la scène s'appelle Ionas Turkov (1898-1982). Acteur, metteur en scène et dramaturge de renom, il fut l'un des dirigeants de l'Entraide sociale juive dans le ghetto de Varsovie. Arrêté par les Allemands en 1943, il a échappé à la mort après une évasion inespérée.

Ultime volet d'un triptyque autobiographique consacré aux années 1939-1946, En Pologne, après la Libération est un document exceptionnel sur "l'impossible survie des rescapés juifs" dans le pays qui abrita les principaux camps d'extermination du IIIe Reich. On y retrouve les mêmes qualités - une curiosité sans limite, un style incisif, une ironie déconcertante - que dans C'était ainsi (éd. Austral, 1995) et La Lutte pour la vie (éd. Honoré Champion, 2005), deux livres qui comptent parmi les témoignages majeurs sur le ghetto de Varsovie, aux côtés de ceux d'Adam Czerniakow, d'Emanuel Ringelblum, d'Abraham Lewin ou de Bernard Goldstein (1). Un point, toutefois, distingue ce troisième volume des précédents : la tonalité d'ensemble, d'une noirceur sans égale, d'un pessimisme absolu.

De pessimisme, il était difficile d'en trouver la trace dans La Lutte pour la vie. Au contraire. Evoquant la renaissance d'une vie culturelle juive dès les premières semaines de l'après-guerre, Turkov semblait regarder l'avenir avec confiance. Le livre se terminait d'ailleurs sur le récit de ce qu'il qualifiait lui-même de "grand miracle" : les retrouvailles avec sa fille unique, dont il était sans nouvelles depuis de longs mois. "Heureuse fin", concluait-il, sans imaginer alors que le bonheur serait de courte durée.

Car c'est bien une nouvelle descente aux enfers que raconte Turkov dans le troisième tome de ses Mémoires. Président de l'Union des gens de lettres, membre du Comité central des juifs polonais et animateur de la seule émission de radio destinée à la communauté juive, l'auteur de ce reportage effrayant sur la Pologne des années 1945-1946 est un homme très bien renseigné. Aucun des mille tracas qui pourrissent la vie de ses coreligionnaires ne lui échappe : l'impossibilité de recouvrer des biens qui ont été détruits ou spoliés, la quasi-obligation d'adopter un patronyme chrétien pour espérer trouver un travail, et surtout cette peur quotidienne des "hooligans", d'autant plus dangereux qu'ils sont quasiment sûrs de rester impunis...

"Nous étions enfin libres, mais nous n'étions toujours pas assurés d'avoir la vie sauve", explique Turkov dans ce témoignage édifiant sur ce que les politologues qualifieront plus tard d'"antisémitisme sans juifs", pour décrire la prégnance d'une culture de la haine dans des sociétés où les juifs sont pourtant ultraminoritaires.

Comme 100 000 rescapés de la Shoah entre 1946 et 1947, Turkov finira par quitter la Pologne, d'abord pour les Etats-Unis puis pour Israël. Loin de cette patrie où, comme il le résume d'une formule poignante, le temps semble impuissant à dissiper "l'odeur de chair humaine brûlée".

Source : Le Monde
   


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